Le harcèlement sexuel n’existe plus

Article Le Phare Dunkerquois du 9 mai 2012
mercredi 16 mai 2012
par  JPADAL
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La nouvelle a fait l’effet d’une bombe au sein des associations de défense des droits de la femme. Jugeant tropflouela notion de harcèlement sexuel, notamment au travail, le Conseil constitutionnel a renvoyé les parlementaires au travail. Le hic, c’est que les Sages ont décidé au passage d’abroger purement et simplement la loi, privant des centaines de victimes de recours juridique pour un temps indéterminé.

Vice-présidente de Sedire, Mauricette Sauvi-gnon a appris la nouvelle au Maroc, alors qu’elle était en mission humanitaire pour l’AJS. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la plus expérimentée des écoutantes de l’association d’aide aux victimes de violence a été prise de court. « Cela m’a surpris. J’ai appris la nouvelle il y a quelques jours à peine. Je suis encore en manque d’éléments pour savoir comment une telle décision a pu être prise. Mais ce qui est certain, c’est que la commission juridique de la fédération nationale solidarité femmes (FNSF), dont nous faisons partie, prépare d’ores et déjà la contre attaque. » Parmi les plus anciennes défenderesses de la
cause des femmes sur le Dunkerquois, Mauricette Sauvi-gon estime « qu’il aurait fallu amender le texte s’il était mal ficelé mais pas le supprimer. Pour moi, c’est inadmissible. On ne peut être que contre cet état de fait car cela signifie qu’il n’y aura plus la possibilité de sanctionner le harcèlement, que ce soit au travail ou dans le couple. On retourne en arrière. »

JPEG - 50 ko Pour Mauricette Sauvignon, c’est un nouveau combat à mener : « C’est fatigant mais nous sommes habituées. A chaque fois que nous gagnons une bataille,
les droits acquis sont remis en question. Il faut sans cesse lutter. »

Et la vice-présidente d’y aller de sa petite pique : « Quand on voit les affaires qui ressortent en ce moment dans l’actualité. On se dit que cette décision arrange peut-être les parlementaires... »

Mais ce qui inquiète le plus Mauricette Sauvignon, c’est que l’abrogation de la loi prive des victimes de tout recours judiciaire. « La reconnaissance du statut de victime est quelque chose de très important. Il fallait laisser un cadre légal plutôt que
de créer un vide juridique.

C’est déjà assez difficile de prouver une situation de harcèlement. » L’association sedire est-elle régulièrement saisie pour ce type de fait ? « Dans le couple, le harcèlement sexuel et même le viol sont assez fréquents. Ces problèmes vont souvent de pair avec d’autres formes de violences. Par contre, nous n’avons pas en ce moment d’affaire de harcèlement sexuel au travail. Nous en avons par contre déjà eues. Ce sont des situations très difficiles à vivre. Pour les femmes comme pour les hommes. Quand c’est dénoncé, il faut pouvoir supporter les attaques... Pour les agresseurs, c’est toujours la femme qui aguiche ou qui accepte de se retrouver seule avec eux dans le bureau. Et les agressions ne se passent jamais devant des collègues. Pour les hommes, c’est très violent également. Quand une femme, supérieure hiérarchiquement, jette son dévolu sur un homme, elle peut le dénigrer, le rabaisser, le briser. » Pour Mauricette Sauvignon, il est urgent de combler le vide. Mais avec les élections législatives qui s’annoncent, la période n’est pas des plus propices.

Damien ENGRAND


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